Étape 5 – St Lary Soulan(65)-Ontineña(esp)
171km/2400m+/7h25

 

11401494_431932080318347_2810109316249816528_nBien arrivés en Espagne. Étape splendide, variée, longue, très ventée, extrêmement chaude. Une journée magnifique, en résumé, un sale temps pour les gros.
Nous avions décidé de partir plus tôt ce matin, pour profiter d’un peu de fraîcheur pour franchir les Pyrénées. Une ascension en vélo, c’est tout un programme. Vingt kilomètres d’une montée régulière qui se corse en fin de parcours, s’offraient à nous. Un effort difficile qu’il faut gérer. Ne pas présumer de ses forces ni de sa capacité à souffrir. Il faut boire, manger et se préparer à presque 2 heures d’effort. Par moment sur le dernier pignon du dérailleur sans aucune marge, il m’a fallu une belle énergie pour arriver en haut. A vélo en montagne, s’arrêter, c’est tomber. Le soleil était bien là, mais la chaleur pas encore. Les autres m’attendaient bien entendu en haut, tous fin prêts à attaquer la partie tant attendue de la journée, le tunnel de Bielsa. trois kilomètres de descente pour transpercer la montagne en huis-clos entre France et Espagne, suivis de l’énorme descente du contrefort espagnol du col. Une bonne trentaine de kilomètres purement exaltants. Nous sommes tous les six en attente du feu vert d’entrée dans le tunnel, parés et concentrés, Go pro chargées, coupe-vents, musique dans les oreilles. Mais une camionnette, gyrophares allumés arrive en trombe, on se fait rappeler à l’ordre, il est strictement interdit de passer le tunnel en vélo. Nous étions surveillés par vidéo et nos intentions ont été annihilées. Nous nous faisons donc déposer, déçus, à la sortie du tunnel pour entamer la chevauchée vers le fond de la vallée. Elle est bien encaissée entre les montagnes, la rivière s’entrelace avec la route, et la pente est raide, voir très raide. C’est parti, les premières rampes font monter la tension, les chevaux de carbone sifflent au vent, les compteurs s’affolent et font même un peu peur pour les cyclistes novices du groupe. Un pneu de vélo est mince et le freinage aléatoire, il faut anticiper, regarder devant mais aussi derrière. Les virages sont parfois sévères et les camions et voitures ne sont guère prévenants. Tout le monde à plus de 80km/h sur certaines portions, j’en ai les genoux qui tremblent, la gravité fait des miracles en descente. Les rampes rectilignes annoncent de grandes courbes sur un bitume parfait, des conditions idéales pour des sensations bluffantes. De la prudence bien sûr, de la vigilance mais surtout du plaisir. Nous avalons plus de quarante kilomètres en moins d’une heure dans un pur moment intense. Un certain Yann H aurait été flashé à 87 km/h poursuivi par ses compagnons, on attend confirmation de la gendarmerie. Adrénaline quand tu nous tiens.
11424006_431931910318364_1071913987888583881_nL’Espagne s’offre donc à nous. Nous quittons à regret le pied de la montagne. La route est sinueuse, le décor aride, vallonné, venté. La chaleur plombe l’atmosphère, le vent déshydrate plus vite que de raison, les bidons montent en température et boire de l’eau chaude en plein cagnard n’est pas l’idéal. Nous longeons plusieurs kilomètres d’une réserve d’eau dont l’écrin calcaire donne un ton turquoise au lac. Par cette chaleur cela sonne presque comme une provocation. La pause du midi est la bienvenue, nos supers assistants font bien les choses, à l’ombre d’une paroi rocheuse, mais la reprise est difficile. Les organismes puisent dans les réserves, le coup de chaud n’est jamais très loin, Alex nous arrose des que possible et chacun serre les dents. La fin d’étape alterne d’interminables lignes droites nez dans le vent avec des enchaînements montées descentes. La peau même protégée cuit au soleil, nous filons ensemble dans des effluves de goudron chaud. La chape de plomb flirte avec les 38°C. L’arrivée sonne comme une délivrance, tout le monde est fatigué. Les douleurs de la veille sont là, présentes et tenaces, mais quelle belle étape une fois de plus. Nous décidons à peine arrivés de repartir au lever du jour demain matin pour nous accorder un peu de fraîcheur pour rouler. Les nuits sont de plus en plus courtes, la fatigue générale est bien là, mais je sens une vraie force dans ce groupe. Huit bien décidés à aller au bout. Alex et Gérard nous mettent dans des conditions idéales pour réussir à rallier Dénia. L’entreprise est osée et l’étape de demain vaut son pesant de cacahuètes. Nous emprunterons l’itinéraire 2013 au cours duquel j’avais tant souffert. Dénivelés interminables, vent annoncé de face comme tous les jours, et plus de 170 km. Le décor va être grandiose, mais la montagne, si elle est belle, n’en demeure pas moins sans pitié.
« le temps perdu à rouler sous la pluie, dans la chaleur ou dans le vent, c’est du temps gagner pour tapisser nos vieux jours de souvenirs. Tant mieux s’ils furent heureux, et si ce n’est la cas, qu’ils aient au moins été riches en aventures » Eric Fottorino

 

Albums du jour:
This Bliss – Pantha du Prince. Pour grimper les Pyrénées…
Ma sélection électro – GuyJ, Rone, KollektivT, Electric Rescue, who Made who…
Pour descendre les Pyrénées…

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